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Les Québécois sont invités à se rendre aux urnes le 36 mars prochain pour des élections législatives. A quelques jours du scrutin, les partis politiques se livrent à une lutte sans merci. Net est leur nouveau champ de bataille. Chaque formation tente de se positionner sur le web. Le Parti libéral du Québec de Jean Charest a sorti l'artillerie lourde pour remporter cette guerre en vue des élections législatives du 26 mars prochain. Les libéraux ont acheté à Google les noms de centaines de candidats des partis concurrents. En écrivant dans le populaire moteur de recherche le mot « André Boisclair », chef des indépendantistes du Parti québécois (PQ), un message soulignant le « manque de jugement » du chef du PQ apparaît à l'écran, et l'internaute est redirigé vers le site du Parti libéral. Les libéraux paient ensuite un montant à Google à chaque fois qu'un internaute clique sur ces messages jusqu'à épuisement du budget rattaché à cette stratégie de marketing internet.
Les partis tentent aussi de séduire les blogueurs. Le Parti québécois a par exemple mis en ligne au début de la campagne un guide pour « devenir militant web! », exhortant ses sympathisants à « prendre la parole sur les forums et les blogs ». « Le fait que les partis structurent des militants qui vont intervenir dans les blogs, les débats, les forums, va avoir un impact plus important que les mots-clés achetés à Google », pense Philippe Le Roux, président de la firme de conseil internet VDL2. « Les internautes en général, les jeunes en particulier, perçoivent avec un très grand scepticisme les discours officiels », d'où l'intérêt de créer ces discours qui ont un « semblant » de vrai, explique-t-il
L'arrivée de sites d'échange de fichier vidéo comme YouTube a amené le Directeur général des élections du Québec (DGE) à revisiter la loi sur le financement des partis politiques, promulguée il y a 30 ans. Cette loi plafonne les dépenses des formations politiques et les pousse à préciser l'attribution de leurs deniers. Le Directeur général des élections ne considère pas le blog comme une dépense électorale, mais estime qu'un « message diffusé sur internet qui impliquerait de la conception, de la production et qui se rapprocherait d'une publicité, pourrait être considéré comme une dépense électorale, s'il favorise ou défavorise » un parti lors de la campagne électorale.