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Canoe Art de Vivre, section Carrières, par Emmanuelle Gril
23 octobre 2007
L’univers des point-coms évoque un monde de glamour : locaux au design soigné, tables de billard et machines espresso… Mais les murs beiges et les séparateurs gris ne sont pas que dans les bureaux des fonctionnaires.
Boulevard Pie-IX, au cœur du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, s’activent les 60 employés d’Objectif Lune, une firme d’édition de logiciels d’impression. Les locaux, situés au dernier étage d’une ancienne fabrique de boîtes de conserve, offrent une superbe vue sur la métropole et le pont Jacques-Cartier.
L’entreprise a intégré au décor certains éléments de l’usine, comme le monte-charge, les colonnes et le sol en béton, qui a été stratifié, mais pour le reste, elle a fait peau neuve.
Le design est à l’honneur dans ce bureau à aire ouverte : murs en briques apparentes, mobilier ergonomique et appliques judicieusement disposées le long des corridors. « Le soir, quand elles sont allumées, on a l’impression d’être sur une piste d’atterrissage », explique Isabelle Descarries, directrice des ressources humaines dans cette entreprise.
Contrairement à la rumeur, cet environnement branché est une exception dans le secteur des technologies de l’information et des communications. « Je connais peu de firmes qui présentent un design recherché, indique Didier Gombert, président-directeur général d’Objectif Lune. Il y en a quelques-unes, comme Ubisoft et CEDROM-SNi, à Montréal, ou Dynagram, à Québec. Mais la plupart ont un décor traditionnel. Je reviens de chez Canon, à Long Island aux États-Unis, et ses locaux se résument à des centaines de bureaux à cloisons cordés entre quatre murs! » Le classicisme est aussi à l’honneur au Groupe CDGI, une entreprise de Belœil spécialisée dans la gestion de parcs informatiques. Installée dans une ancienne banque – le coffre-fort a été converti en salle des serveurs! –, la compagnie mise sur la sobriété. Poutres de bois, ambiance feutrée, bureaux vitrés et fermés, tout respire le sérieux et inspire confiance au client. « Ce côté traditionnel est une constante chez les entreprises pures et dures en informatique comme la nôtre », fait valoir Chantale Dubé, vice-présidente aux opérations.
Yves Lapierre, l’un des trois associés fondateurs de VDL2, une agence qui aide des clients tels que TV5, Le Devoir et le TNM à tirer un avantage stratégique d’Internet, note que les environnements de travail originaux s’observent surtout dans les firmes de jeux vidéo et de multimédia. « Chez les développeurs de jeux électroniques, les bureaux sont plus flyés, avec tables de billard, distributrices de friandises gratuites et services de massage mis à la disposition du personnel. Cela reflète la culture du milieu : tout est fait pour que les employés passent beaucoup de temps au travail! »
Jean-François Dumais, directeur de projets des ressources humaines chez TechnoCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications, conclut pour sa part que ce n’est pas l’environnement et l’aménagement qui incitent un travailleur à rester dans une firme de TIC. « Ce sont plutôt les conditions de travail : salaire, avantages sociaux, flexibilité des horaires, accès à des technologies de pointe. »
À bon entendeur…