Les tendances d’Internet selon VDL2
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Philippe Le Roux
17 janvier 2006
Fidèle à la tradition (7 ans déjà !), l’agence de communication interactive VDL2 dévoile le bilan des tendances d’Internet pour l’année précédente (2005), mais aussi ses pronostiques pour les 5 années à venir. À venir : remise en cause de la publicité et des médias traditionnels (télé et journaux papier), influence croissante du Web communautaire, fin des entreprises de communication, même convergentes... Du réchauffé, vous dites?
Bilan 2005 Perspectives 2006-2010
Selon VDL2, Internet va provoquer sept bouleversements principaux dans les prochaines années :
- Internet sort de l’enfance et devient un jeune adulte. Sa période révolutionnaire est terminée, on entre dans la phase évolutive. Les bouleversements vont continuer mais ils seront plus profonds et plus lents.
- Les gouvernements vont devoir jouer un rôle éducatif crucial. Jusqu’ici les gouvernements ont été surtout des spectateurs plus ou moins passifs du développement d’Internet. Alors que 3 canadiens sur 4 utilisent régulièrement le web, il devient fondamental que la population soit éduquée aux enjeux et surtout aux dangers du Net. Les coûts sociaux et économiques de l’hameçonnage (« phishing ») et des nombreuses arnaques qui s’appuient sur la naïveté d’internautes peu éduqués vont devenir trop importants pour que les gouvernements ne prennent pas leurs responsabilités.
- L’industrie de la publicité québécoise va être bouleversée par la montée d’Internet. Les agences québécoises qui ont toujours vu le web comme un complément aux « vraies » campagnes et qui savent créer ou soutenir une marque mais ne maîtrisent pas les transactions et l’opération vont être remises en cause par l’importance prise par Internet qui devient un média d’importance comme la télévision et les journaux et la disparition sur le web de la frontière entre la publicité, la vente et le service à la clientèle. Cela va provoquer des mouvements de comptes importants ainsi que plusieurs fusions et acquisitions majeures qui pourraient modifier profondément le paysage publicitaire québécois.
- Les chaînes de télévision vont devoir repenser leur rôle d’intermédiaire en offrant une nouvelle valeur ajoutée. La multiplication des modèles de diffusion permettant au spectateur de regarder les émissions de son choix à l’heure de son choix (TiVo, télé à la carte, GoogleVideo, iPod vidéo, etc.) sur l’écran de son choix (téléviseur, ordinateur, téléphone cellulaire, etc.) remet en cause le rôle des chaînes et les contraintes de leur grille de programmation. Alors qu’elles ont passé les dernières années à se débarrasser de leurs activités de production, elles se retrouvent dans une situation d’intermédiaire sans valeur ajoutée qui va devoir repenser son rôle pour justifier son existence.
- Le web communautaire va remettre en cause les institutions. Déjà aujourd’hui, un élève qui sait chercher sur Google peut connaître mieux un sujet que son professeur, tandis que les encyclopédies coopératives (wikipédia), malgré certaines faiblesses, sont beaucoup plus complètes et fiables que celles imprimées. Ces applications ne sont pourtant que la première génération des modèles communautaires qui commencent à émerger sur le web et vont remettre en cause les traditionnelles notions de vérité et de pouvoir institutionnel.
- Les compagnies de télécommunications creusent leur tombe avec la téléphonie Internet. Le téléphone du futur se connectera automatiquement sur la borne Internet sans fil la plus proche pour éviter les frais de cellulaire. Un premier modèle de ce type a été annoncé par Skype et Netgear. Autant dire que le téléphone via Internet combiné à un accès Internet gratuit remet en cause le modèle de facturation à la minute tandis que la concurrence va faire plonger les prix des abonnements. La stratégie actuelle des Bell, Québécor et autres Rogers d’enfermer les consommateurs dans une combinaison de services (Internet + télé + cellulaire + téléphone) n’aura des effets qu’à court terme.
- Bouleversement des médias d’information. Le marchandisage (« merchandising ») de l’information fait disparaître petit à petit la diversité. Aujourd’hui ce n’est souvent que le style que les quotidiens ou les bulletins de nouvelles se différencient. Au niveau de l’information internationale, il n’y a d’ailleurs plus aucune différence alors que les journaux remplissent cette section à plus de 90 % avec des dépêches provenant des mêmes agences dont la vision du monde est de plus en plus subjective. De leur coté, les internautes se tournent de plus en plus vers le Net pour s’informer. Même si les médias peuvent continuer à se cacher les yeux en regardant la croissance à court terme du trafic de leur site web, l’uniformisation en cours est à contre courant de la société de l’information dans laquelle les nouvelles technologies nous plongent, cela va provoquer une rupture radicale entre ces médias et la population. Les remous provoqués par l’expérience de journalisme citoyen LA Times sont d’ailleurs révélateurs.
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