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Il ne reste plus de monnaie dans le juke-box...

Selon Philippe Le Roux, l'immobilisme dont a fait preuve l'industrie du disque explique le bourbier dans lequel cette dernière se retrouve. En effet, au lieu d'être proactive, l'industrie a préféré faire la sourde oreille aux recommandations des spécialistes du domaine. Aujourd'hui, l'industrie fait face à un dilemme, réagir ou disparaître !

Technologie: Piratage et MP3 - L'industrie n'a qu'elle-même à blâmer

Le Devoir
Michel Dumais
Technologie, Samedi 25 octobre 2003

« Qu'elle le veuille ou non, l'industrie du disque devra faire à la musique et accepter ce que tous reconnaissent aujourd'hui, à savoir qu'elle a loupé le bateau Internet. Par son immobilisme et son refus de capitaliser sur les possibilités qui lui étaient offertes, elle n'a qu'elle-même à blâmer pour tout ce qui arrive.« Celui qui parle ainsi est Philippe Le Roux, un des stratèges Internet les plus respectés au Québec. » Les majors savaient très bien ce qui s'en venait. Qu'on ne vienne pas me faire pleurer et, surtout, qu'elle cesse de traiter de voleurs et de pirates sa clientèle, car il y a de fortes chances, au moment où une voie de rechange se met lentement en place, que celle-ci déserte le bateau à tout jamais. »

Quatre ans plus tard, avec les Kazaa, LimeWire et tutti quanti qui ont repris le flambeau de Napster, force est de constater que, en bloquant tous les projets de mise en marché de la musique numérisée, l'industrie du disque s'est tirée elle-même dans le pied. « Et pourtant, déclare Philippe Le Roux, les consommateurs avaient envoyé un message très clair à l'industrie. Un nouveau paradigme se mettait en place. Ils étaient prêts à acquérir et à consommer de la musique numérisée. La demande était là, il suffisait de fournir l'offre. » Si l'industrie avait réagi promptement, l'échange illégal de fichiers numérisés, tout comme le piratage de logiciels, serait devenu marginal.

Force est de constater que, durant toutes ces années, alors que moult observateurs envoyaient des signaux d'alarme à l'industrie, le Québec n'a pas su capitaliser sur ses particularités. Selon Le Roux, « avec des indépendants bien présents et un marché qui absorbait relativement bien la production locale, tout était en place pour permettre à l'industrie locale de développer une stratégie Internet, sans devoir s'en remettre aux majors. » Un iTunes local ? Et pourquoi pas.

Après tout, si l'ADISQ s'était donné la peine de profiter des occasions offertes par le fonds de l'autoroute de l'information du gouvernement du Québec pour élaborer un véritable projet de commercialisation et de mise en marché de ses artistes, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Mais tout n'est pas perdu, de dire Le Roux. « L'industrie a de 15 à 18 mois devant elle pour inventer et lancer avec succès un projet qui permettra aux producteurs de demeurer sur la mappe. Passé cette période, c'est game over. »

 

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